Verges :
arrondissement de Lons, canton de Conliège, distribution de poste de Mirebel, perception de Vevy.
A 10 km de Conliège, 14 km de Lons.
Altitude 507 m.
Le territoire est limité au nord par Vevy, au sud par Binans, à l’est par Blye et Châtillon sur Curtine, à l’ouest par Vevy et Publy. Il est traversé par les chemins viscéraux tirant à Vevy, Blye, Mirebel, Crançot, Publy et de Vevy à Châtillon sur Curtine.
Le village est situé au pied occidental de la chaîne de l’Heute sur un plateau en grande partie couvert de bois. Les maisons sont groupées, construites en pierres et couvertes en laves.
Population en
- 1790 : 231 habitants
- 1846 : 239 habitants
- 1851 : 238 habitants dont 166 hommes et 112 femmes.
- 1856 : 220 habitants, 35 habitants/km², 59 maisons, 60 ménages
Les plus anciens registres de l’état civil date de 1792.
Cadastre exécuté en 1817 :
- Surface territoriale : 616 h divisées en 989 parcelles que possèdent 114 propriétaires, dont 6 forains.
- Surface implantée : 609 h
- 270 h en bois et taillis
- 253 h en terres labourées
- 76 h en pâtures
- 4 h 56 a en prés
- 2 h 13 a en jardins
- 1 h 96 a en sol et aisances de bâtiments
- 54 a en vergers
- 9 a en bois d’agréments
Revenu cadastral de 12628 F, cont. dir. en princip. 1503 F.
On y cultive blé, maïs, méteil d’orge et d’avoine, pommes de terre, lentilles, chanvre, peu de foin, beaucoup de fourrages artificiels.
Un hectare de terre se vend 2400 à 3000 F, il de loue 50 F au plus.
On y élève bœufs, vaches, porcs, chevaux, mulets, chèvres et 100 ruches d’abeilles.
Les habitants fréquentent les marchés de Lons. Les principales ressources sont l’agriculture et la vente de bois. La population est principalement aisée.
Il y a un chalet où l’on produit 8000 kg de fromages par an façon gruyère. Il y a aussi un menuisier.
Entre le bassin de l’ain et le plateau ondulé qui se termine brusquement sur le vallon qu’arrose la Vallière, se dresse la chaîne de l’Heute,
couverte de noires forêts. Près de la base occidentale de cette côte se trouve Verges, caché dans un pli de terrain. De grands massifs de
bois lui ferment l’horizon. Qu’on gravisse la montagne qui lui sert de rideau à l’est, et aussitôt on jouit d’un magnifique panorama.
D’un côté, se déploient les plaines de l’Ain et les ruines du château de Mirebel, de Châtillon, de Mont-Saint-Sorlin, de l’Aigle, de Binans,
de Beauregard, et de l’autre les plaines de la Bresse, le bourg de Montaigu qui semble suspendu dans les airs, les châteaux de Montmorot,
du Pin et les pics bleuâtres des environs d’Orgelet et Arinthod.
Une route très ancienne traversait le territoire dans le lieu dit le bois de la Latte, mais il n’aboutissait pas au village. On l’appelait
le chemin de Rette ou le grand chemin de Lons le Saunier à Blye. Celle moins importante, qui reliait Verges à Vevy était nommé la Pérouse
et venait aboutir dans ce dernier lieu à la voie romaine d’Orgelet à Salins. L’existence de ce village n’est constatée par aucun titre
antérieur au 13 ème siècle.
Seigneurie :
Verges était dans l’origine un membre de la baronnie de Binans et était administré par un prévôt qui y exerçait la
justice moyenne et basse. Pierre, seigneur de Verges, ayant acquis de Jean de Vienne, sire de Pagny et de Binans, certains meix, maisons,
hommes, cens et autres droits qu’il possédait à Verges, ainsi que la haute justice non seulement sur les domaines vendus mais encore sur
ceux qu’il possédait déjà dans ce village, le duc Philippe le Bon en sa qualité de seigneur d’Orgelet depuis la confiscation des biens de
Louis de Chalon-Auxerre et de suzerain de Binans confirma ce don par une charte du 28 septembre 1434 et permit à Pierre de Verges d’ériger
des fourches patibulaires pour l’exécution des criminels, « en raison, dit-il, de la difficulté qu’il y avait de conduire les malfaiteurs
depuis Verges aux fourches de Binans et de la résistance qu’ils opposaient souvent en chemin. » Dès ce moment, Pierre de Verges et ses
successeurs instituèrent un bailli et tous les autres officiers nécessaires à l’exercice de la justice. Le signe patibulaire fut élevé
« sur une motte dite devant Raitte proche le grand chemin tirant dois Blye à Lons le Saunier. »
Sur les dîmes de Verges, et firent hommage la même année, à l’église de Saint Claude, des dîmes des terres de Vuarges et de tout le diesme
qu’ils levaient en la paroisse d’illec, à la charge d’un cens de deux quartaux de blé ; à la mesure de Lons le Saunier. »
Jacques, fils de Girard de Verges, se rendit à Blye en 1307, près d’Odon de Vaudrey, abbé de Saint Claude, et lui prêta serment de fidélité
pour le tiers des dîmes de Verges et pour sa part dans celles de Blye.
Ameyron, veuve d’Aldhéric II de Verges, damoiseau, agissant aux noms de Bernard, Richard et Odette, trois de ses enfants, vendit, en 1309,
à cet abbé, tout ce que ces derniers prélevaient sur les dîmes de Blye ; Renaud, son fils aîné, conserva seul sa portion.
Nicolas de Vevy et Poncette, son épouse, l’une des filles d’Albéric de Verges, consentirent, en 1319, à faire hommage à Jean de Chalon Arlay 1er,
comme seigneur de Châtillon sur Curtine, d’un chasal et d’un curtil qu’ils possédaient à Verges, moyennant une somme de 6 livres qui leur
fut payée comptant.
Richard de Verges, seigneur de ce lieu, fit partie des nobles qui s’enrôlèrent en 1336 sous la bannière de Jean II, baron d’Arlay, pour
combattre Eudes IV, duc et
Il mourut en 1390.
Pierre de Verges, en acquérant les droits que Jean de Vienne, sire de Binans, avait à Verges, devint, en 1434, seigneur haut justicier de
ce village, et avança ainsi dans la hiérarchie féodale. Renaudine, l’une de ces filles, s’allia le 14 Septembre 1492, à Aymé du Saix, et
en eut huit filles.
Humbert, frère de cette dame, épousa Agnès de Frontenay et testa en 1449.
Jean, seigneur de Verges, fils d’Humbert de Verges, n’ayant pas eu d’enfants d’Antoinette, fille d’Antoine de Beyviers, sa première femme,
contracta une seconde alliance beaucoup plus brillante que la première.
Il épousa, avant 1509, Françoise de Plaine, dame de Mantry et de
Mauffans, fille aînée de Jean de Plaine, chevalier, seigneur de Mantry, conseiller-chambellan de l’archiduc Philippe et premier chevalier
d’honneur au parlement de Dôle, et de Ferrie de Cluny nièce du cardinal de ce nom.
Thomas de Plaine, fut conseiller au souverain conseil
de Malines, puis chef des conseils et président des parlements de Bourgogne, et enfin chancelier de l’empereur Maximilien et de l’archiduc
Philippe.
Jeanne de Verges, dame de Mantry, issue de ce second mariage, épousa Pierre de Corent, écuyer
Res et de Vauluysant. Il est probable que cette dame eut pour sœur Henriette de Verges, allié à Jean de Genevois, seigneur de Chalain,
premier maître d’hôtel de Philibert de Châlon, prince d’orange, auquel ce prince donna, en 1530, en récompense de ses services, la
propriété du lac de Marigny.
Louis de Verges, qui par une transaction du 30 octobre 1513, abandonna à Philiberte de Luxembourg, mère de Philibert de Chalon,
ses prétentions sur la terre de Montaigu, paraît avoir été le frère de Jean de Verges.
Ce dernier ou son fils, nommé aussi Jean, acheta, en 1540, le fief que Jean Pariset, seigneur de Saint Georges, possédait à Verges et qui
consistait dans la justice sur certains meix ou cens et autres droits seigneuriaux, notamment dans celui de recevoir un jambon de chaque
chef de famille de Verges qui nourrissaient des porcs.
Poursuivi par Constance de Marenches, receveur générale en Bourgogne, il fut obligé
de vendre, le 13 Mai 1536, sous faculté de réachat pendant quatre ans, sa seigneurie de Verges à Antoine de Laubespin, seigneur de L’Isle,
L’Aigle, Macornay et Villers les Bois, gentilhomme ordinaire de l’empereur Charles V, gouverneur et capitaine du château de Joux moyennant
la somme de 16 000 livres, et sa chevance de la moutonnière, à Blye, à M de Romanet, écuyer.
Profitant d’une offre plus avantageuse, il céda, le 2 décembre 1558, son droit de réméré à Philibert de Vautravers, seigneur de Domblans, charrin, gentilhomme de la chambre de l’empereur
Charles V. Marguerit Perrenot de Granvelle, veuve d’Antoine Laubespin, se vit, à son grand regret, obligée de renoncer aux avantages de
l’acquisition faite par son mari et de recevoir le remboursement du prix qui avait été payé.
Philibert de Vautravers, capitaine et gouverneur du val de Voiteur, fit commencer, en 1562, la construction d’un beau château à Verges et
mourut en 1587 ; il fut enterré dans l’église de Domblans.
Sa veuve fit acheter le château qu’il avait commencé et y passa le reste de ses
jours.
Renée de Vautravers, épouse de Claude-François de Fouchier, baron de Savoyeux, seigneur de Rans en partie, Senoncourt, l’Etoile, etc… et
Charlotte de Vautravers, alliée à Bérard de Puignon, baron de Cuzy, vendirent, le 7 août 1606, du consentement de Jeanne de la Chambre,
leur mère, la terre de Verges à Pierre de Fussey, seigneur de Savigny en Revermont, L’Abergement et Verdun dur le Doubs, et à Françoise
Dorothée Bouton, son épouse, moyennant 18 500 livres.
Ces acquéreurs, peu satisfaits de leur nouvelle acquisition, revendirent ce domaine,
le 11 septembre 1609, moyennant 21 375 livres, à Nicolas de Montrichard, veuf en premières noces, sans enfants, de N., fille de Denis de
Blye, et remarié, en 1614 à Bernardine de Chauvirey.
Nicolas de Montrichard, seigneur de Verges, capitaine d’une compagnie de 200 hommes, fut nommé en 1632, capitaine du château de Saint
Laurent la Roche, et défendit vaillamment cette place, en 1637, contre le vicomte d’Arpajon. Il ne capitula qu’après avoir essuyé plus de
60 volées de coups de canon.
C’est dans ce château, au moment où la peste y entassait les